D’où vient que cette image en mon cœur est vivante,

Que devant ce tableau chacun s’est arrêté,

Et quel charme secret a donc cette beauté

Pour exciter l’envie aussitôt qu’on la vante ?

Je ne suis pas de ceux qu’un front pâle épouvante,

Surtout quand un regard plein de vivacité

Et par de longs cils noirs sous ce front abrité :

La forme épanouie est parfois décevante.

Je ne m’arrête pas seulement au dehors ;

Mes yeux savent percer l’enveloppe du corps ;

Et quand ces cheveux bruns, cette taille élancée,

Quand ces mains où pâlit l’éclat du diamant

Ne me jetteraient pas dans le ravissement ;

J’aurais plaisir à voir vivre cette pensée.