Si tu voyais une anémone,

Languissante et près de périr,

Te demander, comme une aumône,

Une goutte d’eau pour fleurir ;

Si tu voyais une hirondelle,

Un jour d’hiver te supplier,

A ta vitre battre de l’aile,

Demander place à ton foyer ;

L’hirondelle aurait sa retraite,

L’anémone, sa goutte d’eau,

Pour toi que ne suis-je, ô poète,

Ou l’humble fleur, ou l’humble oiseau !